Décidément, le numérique bouleverse les habitudes. Le groupe Ionis vient de lancer la « Coding Academy by Epitech » pour les actifs en reconversion. Le principe est simple : on ne règle sa formation qu’une fois en emploi ! Explications avec Sophie Viger, directrice de de ce programme.

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On rappelle comment fonctionne votre programme ?

Nous proposons à des bacs+2 de se reconvertir dans la programmation, quelle que soit leur formation d’origine. C’est une grosse piscine qui dure 5 mois avec une formation très intensive. On y apprend le langage ainsi que toutes les technologies web.  L’intérêt est de permettre de s’intéresser à toutes les nouvelles technologies sans appréhension, ce qui est très important lorsque l’on souhaite travailler dans le digital.

C’est donc réservé aux scientifiques ?

Pas du tout. Nous accueillons même des littéraires. Cela veut dire que tout le monde peut réussir. Il est simplement nécessaire d’aimer le codage, qui est en fait une discipline assez ludique. Des candidats sans le bac peuvent eux-aussi réussir. C’est d’ailleurs la caractéristique du numérique : le diplôme n’est plus aussi important.

Dans cette filière, le candidat ne paye qu’à partir du moment où il a trouvé un emploi. Pourquoi ?

L’apprenant peut en effet rentrer dans la formation sans financement et dispose d’une année pour rembourser. Nous les aidons d’ailleurs à trouver un emploi. Nous prenons un risque mais le secteur recrute de manière importante et continuera dans les années à  venir. Les établissements comme les nôtres doivent s’engager de manière innovante. Avec ce dispositif, nous nous sommes placés dans une obligation de résultat. Ce qui est très nouveau dans l’univers de l’éducation qui ne se fixe généralement qu’une obligation de moyen.

Le codage, c’est la discipline qui monte ?

C’est essentiel car le monde devient numérique et le nouvel alphabet c’est le code. Il ne s’agit pas de devenir tous des spécialistes mais au moins de comprendre les fondamentaux. Maîtriser cela, c’est éviter de nouvelles fractures. Le code à l’école est essentiel mais plus encore, c’est la littératie numérique que nous devons enseigner. C’est-à-dire la culture numérique dans son ensemble : enjeu, éthique, technique, innovation, etc. Dans ce domaine, nos universités comme nos grandes écoles sont encore en retard. Mais cela avance relativement rapidement et la France est plutôt bien positionnée dans le mouvement de transformation numérique.

Faudrait-il encore plus de formations au numérique ?

Sans doute, mais il faut surtout des formations qui répondent aux nouveaux besoins du marché. On manque aujourd’hui de « bons » développeurs. Ce qui veut dire qu’il y a un risque de produire des professionnels peu adaptables et qui n’ont finalement pas assez de potentiel. Le plus important chez un développeur c’est de pouvoir apprendre sans cesse car tout change très vite. Et le grand problème, c’est que pour progresser, l’enseignant n’est plus indispensable ! Notre enjeu sera à l’avenir de former les jeunes ou les salariés qui pourront évoluer par eux-mêmes, avec les outils disponibles sur le web notamment.

 

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